« Le temps des fées » en CM1 : le vocabulaire d’une poésie, en quatre temps

🧚

Vocabulaire · CM1 · Poésie · Période 2

« Le temps des fées » en CM1Le vocabulaire d’une poésie, en quatre temps

CM1 · Cycle 3 · Vocabulaire · Poésie · Edmond Haraucourt · Mots jaunes et mots bleus

En période 2, une classe de CM1 étudie « Temps des Fées », un poème d’Edmond Haraucourt publié en 1885. Le poème est court, mais presque chaque vers apporte un mot rare.

Voici comment ces mots ont été choisis, enseignés, mémorisés puis réemployés. Les ressources en ligne sont utilisables dans toutes les classes.

Illustration de la série « CM1 - Poésie - Temps des fées »

L’illustration de la série « CM1 – Poésie – Temps des fées », dans l’application Vocabulaire.

Voir les ressources de la série

Le poème

Les mots surlignés en jaune sont travaillés avant la lecture. Les mots surlignés en bleu sont à trouver par les élèves pendant la lecture.

Aux temps jadis, aux temps rêveurs, aux temps des Fées,Il aurait fallu vivre aux bois, chez les muguets,Sous des branches, parmi les rumeurs étouffées.

Sans rien savoir, sans croire à rien, libres et gais,Nourris de clairs de lune et buvant les rosées,Il aurait fallu vivre aux bois, chez les muguets,

Nous aurions su dormir sous deux feuilles croisées,Chanter avec la source et rire avec le vent,Nourris de clairs de lune et buvant les rosées.

— Le monde est faux, la chair vile, l’art décevant…Oh ! se bercer au fond des palais d’émeraude,Chanter avec la source et rire avec le vent !

Suivre la libellule et la brise en maraude !…Peut-être Mab un jour nous eût changés en fleurs ;Oh ! se bercer au fond des palais d’émeraude !

C’est si bon d’oublier sa joie et ses douleurs !Viens nous rouler dans les mousses ébouriffées…Peut-être Mab un jour nous eût changés en fleurs,Aux temps jadis, aux temps rêveurs, aux temps des Fées.

Edmond Haraucourt, « Temps des Fées », L’Âme nue, G. Charpentier et Cie, 1885, p. 258-259. Texte libre de droits.

Choisir les mots : les jaunes et les bleus

Vingt mots du poème risquaient de bloquer la compréhension. Nous les avons partagés en deux groupes.

16 mots jaunes, enseignés avant la lecture. Ils installent l’univers du poème (la forêt, l’eau, la lumière, la magie), ou bien le texte ne permet pas de les deviner : jadis, une fée, un bois, un muguet, une rumeur, être étouffé, être gai, la rosée, une source, une libellule, une brise, être en maraude, se bercer, une émeraude, la mousse, être ébouriffé.

4 mots bleus, gardés pour la lecture. Les élèves en trouvent le sens grâce au texte lui-même :

  • être rêveur : on s’appuie sur « rêve » et « rêver » ;
  • nourrir : « nourris » est suivi de « buvant » (manger et boire) ;
  • un clair de lune : on s’appuie sur « clair » et « lune » ;
  • une douleur : c’est le contraire de « joie », dans le même vers.

Pourquoi ce partage ? On ne devine le sens d’un mot que si l’on comprend presque tout le reste. Préparer les mots jaunes rend donc possible la recherche des mots bleus. Les élèves allophones rencontrent beaucoup plus de mots inconnus : ils ont besoin de plus de mots préparés avant la lecture.

Seuls les 16 mots jaunes entrent dans la série de l’application Vocabulaire. Les mots bleus restent dans le texte, et c’est là qu’ils se travaillent.

Un mot à deux sens : la rumeur

Les élèves connaissent souvent « une rumeur » au sens d’une nouvelle qui circule sans être vérifiée. Dans le poème, sous les branches, c’est un autre sens : un bruit confus et lointain. La définition de la série suit le sens du poème.

Les quatre temps

Le programme décrit trois étapes :

  • la rencontre du mot en contexte ;
  • l’étude régulière du lexique, pour mieux le comprendre et le mémoriser ;
  • le réemploi à l’oral et surtout à l’écrit.

Nous faisons de la mémorisation un temps à part entière, parce qu’elle demande des retours courts, répétés sur plusieurs jours.

1. Rencontrer les mots, avant la lecture

Chaque mot jaune est présenté avec son image, sa définition et une phrase d’exemple. L’enseignant dit le mot, les élèves le répètent, puis on l’explique en lien avec le poème. Par exemple, une émeraude est une pierre précieuse verte : les « palais d’émeraude » du poème sont les feuillages de la forêt.

Ressources : l’imagier avec illustrations, l’imagier avec définitions, les flashcards.

2. Structurer : relier les mots entre eux

Un mot isolé s’oublie, alors qu’un mot rangé dans un réseau se retrouve. On classe d’abord les mots du poème par thème :

  • la forêt : un bois, un muguet, la mousse, une libellule ;
  • l’eau : la rosée, une source ;
  • le bruit : une rumeur, être étouffé.

Puis on travaille les relations entre les mots. Ressources :

  • Synonymes et Contraires : associer chaque mot à son synonyme ou à son contraire ;
  • Familles de mots : regrouper les mots construits sur un même radical ;
  • Fabrique de mots : fabriquer un mot nouveau en ajoutant un suffixe (gai → la gaieté) ;
  • Flexion classes : ranger les mots par classe grammaticale (nom, verbe, adjectif, adverbe). Par exemple, « jadis » est un adverbe.

3. Mémoriser : revenir souvent, peu de temps

Se rappeler un mot fait davantage apprendre que relire sa définition. Les activités demandent donc aux élèves de retrouver le mot eux-mêmes. On y revient plusieurs jours de suite, puis chaque semaine, quelques minutes à chaque fois : mieux vaut revenir souvent et brièvement qu’une seule fois longtemps.

Ressources :

  • QCM définition : retrouver le mot qui correspond à une définition, parmi quatre mots de la série ;
  • Défi définition : la même tâche, mais en choisissant parmi tous les mots de la série, le plus vite possible ;
  • Dictée muette : écrire le mot qui correspond à l’image ;
  • les flashcards, reprises d’une semaine à l’autre.

Les mots rejoignent aussi l’outil où la classe garde les mots appris (cahier ou répertoire de vocabulaire), pour y revenir pendant toute l’année.

4. Réemployer : en compréhension et en production

En compréhension. Quand on lit le poème, les mots jaunes sont déjà connus. Les élèves peuvent donc se concentrer sur les images du texte et chercher le sens des mots bleus. L’activité Complète la phrase leur fait employer chaque mot dans une phrase nouvelle, hors du poème.

En production. Les élèves écrivent une strophe à la manière d’Haraucourt, qui commence par « Il aurait fallu vivre… », en réemployant au moins trois mots de la série. Ils la lisent ensuite à voix haute.

Ce qui fonde la démarche

Le programme de français du cycle 3, en vigueur en CM1 depuis la rentrée 2025, fait du vocabulaire un domaine d’apprentissage à part entière. Au cours moyen, chaque élève a tous les jours un temps d’enseignement du vocabulaire. Chaque semaine, il a aussi une séance de remémoration des corpus étudiés.

Trois objectifs du CM1 sont travaillés ici :

  • enrichir son vocabulaire, notamment en cherchant le sens des mots inconnus par la morphologie et le contexte (les mots bleus) ;
  • établir des relations entre les mots (synonymes, contraires, familles) ;
  • réemployer le vocabulaire étudié, à l’oral et à l’écrit.

Le travail sur le poème relève de l’entrée littéraire « Savourer le goût des mots, imaginer et créer en poésie ».

La production écrite répond à un autre objectif du CM1 : produire des écrits courts pour employer et mémoriser le lexique appris.

Les ressources

La série « CM1 – Poésie – Temps des fées » est en ligne dans l’application Vocabulaire. Elle contient 19 cartes, 3 jeux et 9 activités. Les 19 cartes correspondent aux 16 mots jaunes : trois adjectifs y figurent au masculin et au féminin. Les élèves jouent sans compte : il suffit de leur donner le lien de l’activité.

Voir les ressources de la série

Sources

Programme de français pour le cycle 3, Bulletin officiel n° 16 du 17 avril 2025 : education.gouv.fr

Éduscol, « Enseigner au cycle 3 » : eduscol.education.gouv.fr

Le poème : Edmond Haraucourt, L’Âme nue, 1885, sur Wikisource : fr.wikisource.org

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *